Ouverte sur les pratiques les plus larges, favorisant la porosité des champs d’expression, cette 15ème édition se fait le témoin des relations mouvantes entre les êtres humains, les autres espèces du vivant, le règne minéral, les artefacts technologiques et des histoires qui les unissent.
Par Suzanne Philippe 

 

La Biennale de Lyon investit le mac LYON et les friches industrielles des Usines Fagor au coeur du quartier Gerland, lieu emblématique de l’histoire industrielle lyonnaise, ainsi que la Presqu’île/Rue du Président Carnot et Parc LPA Cordeliers (Lyon 2e). « Grâce à la mise à disposition du site exceptionnel des Usines Fagor, qui se déploie sur plus de 29.000 m² au coeur de Lyon, cette 15ème édition prend une ampleur sans précédent. Avec cette immense friche industrielle, l’intégralité du mac LYON, des interventions sur toute la métropole et en région Auvergne-Rhône-Alpes, c’est un champ d’expérimentation hors norme qui s’offre aux artistes et donne à la manifestation une dimension nouvelle », se réjouit Isabelle Bertolotti, Directrice artistique de la Biennale d’art contemporain de Lyon.

Fruit de multiples collaborations entre les artistes et les entreprises lyonnaises et de la région Auvergne-Rhône-Alpes, cette 15ème édition réunit des oeuvres produites spécifiquement sur le principe des circuits courts. Une cinquantaine d’artistes de toutes générations et nationalités, dans une distribution paritaire, ont ainsi été invités à concevoir des oeuvres in situ. Favorisant le dialogue avec les acteurs sur le terrain et le site lui-même, son histoire et son architecture, cette Biennale met donc l’accent sur la production en tenant compte du contexte socioéconomique dans lequel elle s’inscrit. Avec un nombre volontairement restreint d’artistes, elle entend faire la part belle à la découverte et à l’expérience d’oeuvres

Réflexions partagées

Investissant aussi bien le sol et les sous-sols du site (Sam Keogh, Minouk Lim, Ashley Hans Scheirl et Jakob Lena Knebl) que ses hautes sphères (Stéphane Calais) et ses murs (Dale Harding, Stephen Powers), le paysage de la Biennale se construit par superposition et surimpression, porosité et enchevêtrement. Elle se conçoit comme un vaste écosystème à la jonction de paysages biologiques (l’ensemble des échanges avec le vivant, qu’il soit végétal, animal ou bactériologique), économiques (l’ensemble des échanges avec les ressources et les appétits qu’elles concernent : produire, distribuer, consommer) et cosmogoniques (l’ensemble des relations avec l’esprit du monde et donc la conscience de notre place dans l’Univers).

« Venus de Bangkok, de Buenos Aires, de Brooklyn, de Brisbane, de Johannesburg, de Kostërrc, de Lyon, de Mexico, de Moscou, de Saint-Étienne, d’Oslo, de Rome, de Paris, de Pittsburgh, de Zurich et de bien d’autres villes encore, les artistes sont invités à concevoir des oeuvres in situ. Ils ont composé un incroyable panorama contemporain constitué de systèmes digestifs sculptés, d’un tunnelier abandonné, de véhicules remodelés, de ronciers augmentés, de papiers recyclés, de tissus étirés mais aussi de véritables nuages traversés… ».

Des événements associés


« Dépassant la notion restreinte de l’exposition pensée pour un lieu clos, l’édition 2019, la Biennale se déploie également sur l’ensemble du territoire régional. Ce nouveau modèle s’organise à partir de quatre plateformes complémentaires : Veduta, Jeune création internationale, Expositions associées et Résonance ». Dans la ville et sur tout le territoire de la métropole, le dispositif Veduta propose l’intervention d’une dizaine d’artistes dans des quartiers de Lyon (VIIe et VIIIe arrondissements) mais aussi à Bron, Chassieu, Francheville, Givors, Meyzieu, Rillieuxla- Pape, Saint-Genis-Laval, Saint-Priest, Vaulx-en-Velin, Bourgoin-Jallieu et jusqu’au Grand Parc Miribel Jonage. « Pour la première fois également, les commissaires de la Biennale sont invités à participer à la sélection des artistes de Jeune création internationale ».

De même, l’ensemble d’expositions labellisé Expositions associées permet de retrouver les oeuvres de Anselm Kiefer au Couvent de la Tourette, de Jérémy Gobé à la Fondation Bullukian, de Zhou Tao à La Halle des bouchers (Vienne), de Antwan Horfee et Renée Lévi au musée des Beaux-Arts, de Mark Geffriaud à l’URDLA (Villeurbanne), de David Posth-Kohler au siège du CIC – Lyonnaise de banque : atrium… sans oublier l’exposition collective « On y marche avec l’oreille » à La Villa du Parc (Annemasse). « Enfin, un important maillage de galeries, de musées, d’institutions culturelles et de collectifs d’artistes, proposant des expositions ou événements conçus en lien avec la Biennale et témoignant de la dynamique artistique en région, portent le label Résonance ».

 

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