Découvrez les bons réflexes à adopter pour débuter une collection de Street Art aux enchères, en alliant le plaisir au bon investissement.
Diane Zorzi, en partenariat avec Interencheres

S’il explose ces dernières années, le marché du Street Art, apparu il y a moins de dix ans, demeure encore instable et fragile. « C’est un marché qui évolue très rapidement et sur lequel nous manquons encore de recul », précise Guillaume Crait, commissaire-priseur au sein de la maison de ventes parisienne Crait + Müller. « Avec le Street Art, nous sommes confrontés à une génération qui veut que tout aille vite. Les collectionneurs peuvent revendre une œuvre un, deux ou trois ans après l’avoir achetée si elle ne leur plaît plus. C’est un marché qui demande une certaine vigilance et pour lequel il faut particulièrement se méfier des effets de mode » Faut-il privilégier les figures incontournables aux artistes méconnus, s’intéresser à la première plutôt qu’à la dernière génération et préférer les toiles aux lithographies ? Pour y voir plus clair et démarrer au mieux une collection de Street Art aux enchères, voici les bons réflexes à adopter.

Étudier patiemment les artistes et leurs œuvres

L’achat d’une œuvre d’art doit avant tout répondre à une exigence : le plaisir esthétique. Celui-ci peut aussi bien surgir instantanément devant l’œuvre que résulter d’un travail minutieux de recherches. Visiter les galeries spécialisées, scruter les ventes aux enchères, se familiariser avec les scènes urbaines, particulièrement actives à Paris, Lyon, Montpellier ou Lille, sont alors autant de démarches qui assurent d’élaborer la collection la plus en adéquation avec ses propres goûts et aspirations. « Mais c’est surtout l’assurance de se détourner d’artistes qui, par opportunité, se sont récemment engouffrés sur le marché du Street Art sans entretenir de véritables liens avec la rue. À ceux-là, préférez les artistes qui ont une actualité urbaine pérenne. Nombre de street artistes peignent encore sur des murs et sont invités dans des shows organisés partout dans le monde », fait remarquer Guillaume Crait.

Privilégier les artistes référencés à l’international

S’il est difficile de faire le tri tant le nombre d’artistes « urbains » est important, les figures incontournables du mouvement que sont Banksy, JonOne, Speedy Graphito, Space Invader, Vhils…, restent des valeurs sûres sur lesquelles tout collectionneur, désireux de concilier le plaisir à l’investissement, peut se reposer. « Si l’on souhaite investir au mieux dans le Street Art, je conseille de miser sur ces grands noms historiques, issus des premières générations. Ces artistes sont bien référencés, installés sur le marché international, et leur cote, bien que déjà élevée, ne cesse de croître et devrait encore progresser ».

Miser sur les multiples d’artistes historiques

Pour acquérir une œuvre de l’une de ces figures historiques du Street Art, il n’est pas nécessaire d’être millionnaire. Quelques dizaines d’euros peuvent suffire à acquérir une œuvre d’un artiste de renom si l’on se tourne vers les multiples tels que les sérigraphies et lithographies d’artistes. « Il faut alors faire attention à l’état, mais surtout vérifier que l’édition est numérotée et signée de l’artiste. Aux enchères, ces informations sont précisées au sein des descriptifs de ventes et sont garanties par les commissaires-priseurs ». Le prix d’une édition varie alors en fonction du nombre d’exemplaires produits, un tirage limité (de 25 à 50 exemplaires) étant plus recherché qu’un tirage à plus de 200 exemplaires, mais aussi en fonction de la cote d’un artiste. « Ces éditions sont de plus en plus recherchées et vouées à terme à faire de plus beaux prix. Cet effet s’est vérifié pour des artistes contemporains bien établis comme Pierre Soulages, dont les estampes valaient autour de 3.000 euros en 2015 et qui dépassent désormais les 10.000 euros. » Aussi est-il intéressant de revendre ses multiples à mesure que la cote grimpe, pour investir finalement dans une toile signée.

 

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