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ÉDITION

L’édition d’art brodé de VANGART séduit artistes et collectionneurs

En proposant des œuvres brodées dans le respect des exigences de chaque artiste, Vangart s’installe avec fracas sur le marché de l’édition d’art grâce à un concept unique.
Par Gabrielle Gauthier

Avec Florian Fernandez et Clément Ajacques, ses deux associés, Benjamin Beau, passionné d’Art Urbain, révolutionne l’édition d’art. Le concept ? Réaliser des œuvres sur toile grâce à la broderie. Fruit d’une collaboration étroite autant qu’originale entre l’artiste et l’atelier de broderie, chaque édition, qui représente plusieurs heures de travail et des centaines de milliers de point de broderies ce qui la rend unique, offre ainsi un rendu à la fois surprenant et singulier. En effet, les aplats de couleurs étant remplacés par des aplats de fils, le tableau brodé s’exprime tant par la composition, les formes, les nuances… que les reliefs. Un travail minutieux de haute qualité 100% made in France dans la grande tradition des tisserands Lyonnais qui a déjà convaincu une pléthore d’artistes renommés.

Comment vous est venue l’idée d’associer art et broderie ?

Historiquement, nous œuvrions dans le prêt-à-porter. Mais nous avons souhaité passer à autre chose. L’Art Urbain étant une vraie passion, il y a un peu plus d’un an, nous avons proposé des textiles brodés en éditions limitées et numérotées, avec un certificat d’authenticité. Cela a plutôt bien fonctionné puisque, l’année dernière, nous avons vendu près de 1.200 pièces. Pour autant, nous n’étions pas entièrement satisfaits ; nous voulions en effet sortir du merchandising d’artistes pour l’édition d’art. Puisque certaines personnes collectionnent des sérigraphies et/ou des lithographies, pourquoi ne collectionneraient-ils pas des broderies d’art ? Nous avons ainsi choisi de réaliser des broderies d’œuvres tirées ensuite sur châssis.

Une façon de remettre la broderie d’art au goût du jour ?

C’est en cherchant la technique la plus qualitative que la broderie s’est imposée. Cette technique, particulièrement difficile à mettre en œuvre, est celle qui résiste le mieux au temps. C’est vrai que, lorsqu’on pense à la broderie, on a tendance à l’associer aux vieilles tapisseries anciennes et démodées. Pourtant, grâce aux progrès technologiques, on peut obtenir des rendus incroyables. Et nous avons eu envie de remettre au goût du jour ce côté qualitatif et original.

Pourquoi avoir choisi de travailler principalement avec des artistes d’Art Urbain ?

Par passion… mais nous allons prochainement nous ouvrir à l’art contemporain grâce à de nouvelles collaborations. Nous devons également améliorer nos techniques, l’important pour nous étant d’innover
constamment. Nous allons ainsi acquérir une nouvelle machine afin de produire de plus grands formats, 50 x 70 cm. Pour l’instant, nous proposons 40 x 30 et 40 x 40 cm. Et, outre les éditions limitées, nous comptons également proposer des œuvres uniques.

Quand ces œuvres uniques seront-elles disponibles ?

Dès l’arrivée de notre nouvelle machine, d’ici deux mois, sur un format 50 x 70 cm. La broderie demandera alors entre 6 et 15 heures de travail. Proposer des œuvres uniques sur un support différent devrait nous permettre de collaborer avec davantage d’artistes, notamment Astro, C215. De quoi, peut-être, devenir une référence dans le monde de l’édition d’art.

Est-ce facile de convaincre les artistes ?

Nous avons commencé par échanger avec certains artistes sur Instagram. Après une, puis deux, puis trois collaborations, que nous avons postées sur les réseaux sociaux, d’autres ont été convaincus. Nous leur proposons une collaboration parce que leur travail nous séduit mais aussi parce que leur univers colle parfaitement à notre technique de broderie. Et désormais, ce sont les artistes qui nous contactent. Le support leur plaît tout comme la technique qui n’existe nulle part ailleurs.

Vous avez réussi à convaincre du beau monde, notamment Ned du 9ème concept, un des piliers de l’Art Urbain, mais aussi Homek, Daco…

Effectivement, et cela nous tire vers le haut ! Nous avions déjà collaboré avec Homek sur le prêt-à-porter et ce fut un réel plaisir de l’inviter de nouveau, cette fois pour une œuvre d’art textile. Avec Ned, qui fait également partie des tout premiers artistes invités, la rencontre s’est fait naturellement : nous lui avons présenté un prototype et il a accepté. Nous avons ensuite travaillé ensemble. Pour cette œuvre, nous avons utilisé du fil or métallique qui nécessite un travail de broderie particulièrement délicat, une technique encore différente qui prend beaucoup de temps. Dernièrement, nous sommes fiers d’avoir collaboré avec Helio Bray, un artiste portugais suivi par une importante communauté sur Instagram, plus de 300.000 personnes. Inévitablement, cela offre à notre travail une super visibilité.

Comment se passe la collaboration avec l’artiste ?

Assez simplement, par des échanges réguliers, physiques lorsque cela est possible, ou téléphoniques. Chaque collaboration est le fruit d’une réflexion avec l’artiste, tant sur le choix des matériaux que des couleurs à utiliser, afin de retranscrire fidèlement ses intentions.

Vous ne proposez que des séries limitées ?

Absolument ! 13exemplaires pour Ned ; 10pour Homek ; 50 pour Helio Bray. On adapte le nombres d’exemplaires en fonction du souhait de l’artiste et de la communauté qui le suit. Nous éditons entre 10 et 50 exemplaires maximum.

Ces séries sont-elles exclusivement vendues sur votre site ?

Elles sont vendues sur notre site mais nous travaillons également avec des marketplaces comme Artsper et Artmajeur, ce qui nous permet de montrer notre travail au plus grand nombre pour gagner en visibilité. Et c’est encourageant car nous avons déjà réalisé des ventes sur ces plateformes. Nous touchons ainsi un public différent, notamment à l’international qui représente aujourd’hui plus de 25% de nos ventes.

Avez-vous l’intention de pousser l’international ?

Totalement, nous avons envie de faire découvrir cette nouvelle technique au monde entier. Notre développement est ainsi désormais axé sur les États-Unis. D’ailleurs, notre prochaine édition présentera une œuvre de Lady Pink, une des premières street artistes femme de New York.

Pouvez-vous nous parler de cette technique…

Pour chaque œuvre originale, une exclusivité pour Vangart, nous devons créer un programme informatique qui remplace les aplats de couleurs par des aplats de fils, sachant que la machine ne peut pas pour l’instant aller au-delà de 15 couleurs. Il faut ensuite programmer la machine, elle-même supervisée par un opérateur. En moyenne, une œuvre textile demande de 3 à 8 heures de broderie… un travail très exigeant. Le tissu ainsi brodé est ensuite tiré sur châssis nu puis incorporé dans une caisse américaine afin de mettre en valeur le travail. Enfin, nous agrafons derrière le châssis le tissu signé et numéroté par l’artiste sur lequel figure également le nom de l’œuvre. Chaque pièce est ainsi parfaitement certifiée, non seulement par l’artiste mais aussi par Vangart. Nous essayons sans cesse d’innover, d’être créatifs, de sortir de notre zone de confort pour être toujours surprenants…, c’est ce que les gens attendent de l’art !

Détruisez-vous le programme pour ne pas que la série soit reproduite ?

Nous sommes très attentifs à sécuriser nos fichiers ! Pour une série de 10, pas question qu’il puisse y avoir un onzième exemplaire !

Peut-on tout réaliser en broderie ?

Pour le moment, notre technique remplaçant les aplats de couleurs par des aplats de fils, nous ne pouvons pas réaliser de dégradé, le rendu ne serait pas à hauteur de notre exigence en termes de qualité. Nous ne pouvons pas donc pas encore travailler avec les artistes qui utilisent des dégradés dans leurs œuvres, même si l’on apprécie leur univers. Pour autant, grâce à l’innovation constante, nous espérons prochainement pouvoir réaliser des créations en dégradés.

Outre Pink Lady, quels sont les prochains artistes avec lesquels vous allez collaborer ?

En France, Bytoctoc, Piotre, Stoul… mais aussi Lalasaïdko pour une double édition avec 15 exemplaires de chaque œuvre et un tissu différent… Car on ne brode pas nécessairement sur du tissu blanc ou noir ; nous brodons également sur des tissus de couleurs : beige, vert fluo… Nous essayons techniquement de laisser carte blanche à l’artiste.

Qu’apporte cette collaboration à l’artiste ?

D’abord la nouveauté. Beaucoup sont fascinés par le fait de voir leur art réinterprété en broderie. Ensuite, le travail en lui-même car nous essayons d’être fidèle à l’œuvre originale, notamment dans le
choix des couleurs. Et même si nous disposons d’une importante palette de fils de couleurs, nous sommes ainsi toujours en recherche de la nuance parfaite afin d’être au plus proche de la teinte originale. Il y a aussi le fait qu’on va faire une exposition bientôt…

Il se murmure que vous aimeriez exposer les œuvres… Voulez-vous ouvrir une « galerie » ?

Beaucoup nous disent en effet que nos broderies son plus belles en vrai que sur Internet ! Grâce à la
broderie, le fil crée du relief que l’on distingue mal sur une photo. Sans devenir « galeriste », il serait
intéressant d’avoir un point de vente physique. Mais nous n’y sommes pas encore [rire]. Nous allons
néanmoins tester le concept avec la galerie Outsiders de Lyon, qui nous ouvre ses portes pour 15 jours
d’exposition du 17 juin au 3 juillet.

Qu’exposez-vous ?

Nous présenterons toutes les œuvres que nous avons réalisées… Un solo show Vangart en quelque sorte. Nous espérons faire découvrir ce travail de broderie et surprendre !

Une dernière chose à ajouter ?

Notre rôle étant également de sécuriser l’authenticité de toutes les pièces qui sortent de l’atelier, nous utilisons les technologies Blockchain et NFT. Nous développons également une puce qui sera intégrée au tableau. Il suffira de « scanner » cette puce avec son téléphone pour avoir accès à toutes les informations : auteur, nom de l’œuvre, date, l’acheteur… l’enjeu étant de lier l’œuvre physique avec le digital… le « phygital » comme on dit [rire].

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