À quand la reconnaissance des institutions?

L’Art Urbain est aujourd’hui reconnu comme un mouvement majeur à part entière : les musées s’y intéressent, les salles de ventes dopent le second marché, les villes en font un centre d’intérêt touristiques… Mais est-il reconnu par tous ? Hélas non ! Un village gaulois résiste farouchement, et pas n’importe lequel. Les institutions publiques en charge de la promotion de l’art contemporain semblent en effet rétives à considérer les artistes issus du Street Art ou du Graffiti. Et il ne s’agit même pas d’une critique argumentée – quoique quelque peu méprisante – à l’instar de celle visant les tenants d’un art traditionnel, ceux qui exposent notamment au Salon des artistes français ou au Salon des artistes indépendants, mais bien d’une totale ignorance de l’Art Urbain.

Cette posture n’est pas sans conséquence. Alors que l’État a débloqué plusieurs millions pour soutenir la création artistique, aucun artistes urbains n’en a bénéficiés ! Ainsi, depuis de nombreuses années, aucune œuvre urbaine n’a été achetée par les FRAC, dont les collections comptent quelques 30.000 pièces ! Cette situation a déjà été pointée dans l’Étude sur l’Art Urbain du ministère de la Culture, qui avait interrogé les acteurs du milieu. Au-delà de l’impact financier non négligeable, cet aveuglement nuit aussi à la visibilité internationale, notamment auprès des grands collectionneurs, de ce mouvement artistique pourtant considéré comme majeur par de nombreux critiques. Ce n’est pas la première fois que les détenteurs d’un pouvoir de reconnaissance officiel passent à côté d’une révolution.

Acheter