Amaury Dubois & Kelu Abstract : mouvement à deux voix
Une rencontre vibrante entre abstraction ondoyante et silhouettes stylisées, où deux langages artistiques dialoguent sans se diluer.
À Marcq-en-Barœul, le sport ne se joue plus seulement sur le terrain, mais aussi sur les murs. Sous l’impulsion de la ville, les artistes Amaury Dubois et Kelu Abstract signent une fresque monumentale de 16 mètres de long par 3 de haut sur une façade du complexe sportif Maurice Herzog. Célébrant le sport, ses élans, ses tensions, cette œuvre vibrante et rythmée est surtout une création à quatre mains, où chaque style se répond, s’enlace et se sublime. Le projet n’a rien d’anodin : il s’inscrit dans une volonté de valoriser les lieux d’entraînement des athlètes à lors des derniers JO. Et quoi de mieux que l’union artistique entre deux signatures puissantes mais complémentaires ?
Entre formes et figures
Les volutes colorées et cisaillées d’Amaury Dubois et les silhouettes sportives, incisives et en noir et blanc de Kelu Abstract orchestrent une fresque qui bat au rythme du mouvement, de l’énergie et de la complicité. Les quatre sections du mur – naturellement coupée par quatre piliers – deviennent le théâtre de quatre disciplines sportives : handball, course à pied, judo et basketball. « Pour célébrer les JO, nous avons choisi que 4 sports et joué entre le style figuratif de Kelu et mon abstraction colorée pour aller au-delà de la réalité. Dans mon travail, j’aime créer des brèches, des ouvertures vers un monde imaginaire », confie Amaury Dubois.
Les silhouettes de Kelu jaillissent des brèches creusées et colorées d’Amaury Dubois, comme si le réel venait percer un voile d’abstraction chromatique. Chaque personnage semble s’élancer depuis un autre plan de réalité, une autre perception du mouvement. « Les courbes, les cassures et les couleurs créent des accélérations et rythment l’ensemble ». Loin d’une simple juxtaposition de deux univers graphiques, la fresque est le fruit d’un véritable tissage entre deux styles qui se répondent, s’unissent. L’un ancre la fresque dans le réel avec ses silhouettes saisies en plein mouvement ; l’autre injecte un souffle, une énergie, un rythme. « Nous souhaitions que nos deux univers soient maillés, connectés, liés… tout en étant parfaitement identifiables ». Un défi parfaitement relevé !
À quatre mains
Derrière cette harmonie graphique se cache une véritable partition à deux : croquis préparatoires, répartition des panneaux, complémentarité des gestes sur le mur. « Les piliers coupant la fresque, nous avons d’abord travaillé en amont afin d’imaginer une continuité entre les quatre panneaux. Puis, Kelu a découpé tous ses pochoirs géants pendant que je préparais la colorimétrie de mes volutes », détaille Amaury Dubois. Sur le terrain, une véritable collaboration artistique, fondée sur une complémentarité authentique. « Nous nous sommes soutenus, l’un assistant l’autre dans son travail ». Le résultat ? Une fresque qui pulse, vit, respire, où les corps en mouvement traversent les couleurs, où les formes abstraites sculptent l’espace. Une œuvre joyeuse, énergique, ancrée dans la réalité tout en s’en échappant.
