Boards to be Solidaire : une 4ème édition toujours plus engagée

Plus que jamais, la solidarité n’est plus une option ! Plus que jamais, les valeurs de partage de l’Art Urbain ont fait écho à celles du Secours Populaire lors de Boards to be Solidaire. Une belle édition marquée par d’audacieuses créations et un engagement mobilisateur.

Lancée en 2017 à l’initiative d’EZK et de Fred Vedel, Boards To Be Solidaire 4, qui exposait les 127 boards sublimées par des artistes français et internationaux au sein du siège historique d’agnès b., a permis de récolter près de 160.000 euros au profit du Secours populaire Île-de-France. Parrainée par Seth, cette 4ème édition a de nouveau marqué l’engagement des organisateurs, des artistes, des bénévoles et des partenaires. L’intégralité des fonds récoltés lors de la vente aux enchères orchestrée par Arnaud Oliveux va ainsi faire vivre les projets solidaires de l’association.

Comment est né Boards to be Solidaire ?
Fred Vedel :
Je travaillais au Secours Populaire, dans le XVIIIe arrondissement, une « cour des miracles » aux murs gris et sales. Fan d’Art Urbain, j’avais déjà croisé les œuvres d’EZK dans la rue. Via les réseaux sociaux, je l’ai contacté pour lui proposer d’embellir ces tristes murs, offrant ainsi aux populations que l’association accueille un accès à l’art et à la culture. Il a immédiatement accepté.
EZK : Je suis venu peindre un dimanche, sous la neige… Puis Fred a ensuite lancé Street Art x Secours Populaire. Chaque année, des artistes invités sont ainsi venus repeindre les murs du Secours Pop. Au cours d’une soirée festive, Fred a raconté avoir créé pour l’association une marque de textile et de goodies baptisée Born to be solidaire. Étant skateur et repeignant souvent mes skates abîmés, l’idée de transformer Born en Board s’est ainsi imposée pour récolter des fonds.
Fred Vedel : Nous en avons parlé aux artistes… qui ont adhéré et même suggéré d’autres noms à inviter. Les planètes se sont ainsi alignées et pas mal de portes se sont ouvertes lorsque Arnaud Oliveux et agnès b. ont rejoint Boards to be Solidaire une fois, deux fois, trois fois…

Aujourd’hui, Boards to be Solidaire s’est presque institutionnalisé, tant auprès des artistes que du public. Comment le vivez-vous ?
EZK :
Super bien [rire]. Plus sérieusement, l’objectif n’a jamais été de se faire plaisir, mais de récolter un maximum d’argent pour le Secours Populaire. Nous en sommes tous conscients ! À titre personnel, Boards to be Solidaire est une belle occasion de mettre en adéquation les idées que je défends à travers ma peinture et les valeurs de cet événement.
Fred Vedel : Lors de chaque édition, nous sommes d’ailleurs très bien entourés…
EZK : … les frangins d’Urban Signature, de supers parrains, une super équipe de bénévoles, de supers partenaires…
Fred Vedel : … une belle chaîne de solidarité où tous les maillons sont interdépendants. On peut compter les uns sur les autres et c’est plutôt cool. Bien que EZK et moi soyons désormais un peu plus en retrait, la structure fonctionne.

Étant plus en retrait, quel a été votre rôle ?
EZK :
J’ai édité une sérigraphie à 100 exemplaires vendue 100 euros pièce, soit 8.000 euros pour le Secours Pop, la fabrication ayant coûté 2.000 euros. Telle est ma petite contribution cette année.
Fred Vedel : N’étant plus parisien et avec une vie professionnelle un petit peu différente, mon rôle a été de solliciter Julien [Seth, NDLR] ; je n’ai d’ailleurs pas eu beaucoup à insister pour le convaincre de nous suivre dans l’aventure. J’ai également supervisé la communication afin de ne trahir ni les choix de Julien ni les principes de l’événement, notamment le fonctionnement avec les partenaires. Plutôt gardien du temple en quelque sorte.

Pourquoi avoir choisi Seth comme parrain ?
EZK :
Parce que c’est le meilleur [rire] !
Fred Vedel : Je connais le travail de Julien depuis longtemps. C’est d’ailleurs le premier artiste que j’ai sollicité pour venir peindre au Secours Pop. Il m’a immédiatement dit oui, mais ses nombreux voyages l’en ont empêché… jusqu’à cette année ! Il faisait cependant déjà partie de l’aventure puisqu’il a peint des boards pour les éditions précédentes. Lui demander d’être le parrain de cette 4ème édition était naturel, mais surtout cohérent par rapport aux valeurs qu’il défend, proches de celles du Secours Pop. Seth tout comme EZK sont des artistes engagés, même si les messages sont plus ou moins directs.
EZK : Seth, à travers son travail, est un des artistes européens d’Art Urbain les plus connus ! Humainement, c’est quelqu’un de très bien et techniquement, c’est un tueur. C’est un honneur de l’avoir comme parrain !

Quels ont été les temps forts de cette 4ème édition ?
EZK :
Le montant récolté !
Fred Vedel : Le plaisir de se retrouver « comme à la maison » avec l’équipe d’agnès b., l’accrochage dans une très belle énergie avec les bénévoles du Secours Pop, les nombreuses visites, la soirée avec les artistes au cours de laquelle nous avons entendu les très beaux discours d’Olivier Grinon, Directeur général au Secours populaire français, William Massey, secrétaire général du fonds de dotation agnès b., Elliot Buisson, cofondateur d’Urban Signature, Seth, parrain de l’édition… Sans oublier la magie de la vente aux enchères orchestrée par Arnaud Oliveux. La table sur laquelle il tape avec son marteau depuis la première édition, complètement dézinguée d’ailleurs, est devenue un totem porte-bonheur !

Certaines œuvres présentées vous ont-elles particulièrement touchées ? Étonnées ?
EZK :
L’œuvre d’Andrea Ravo Mattoni, quasi photographique, celle de Kaldea au rendu totalement fou, mais aussi celles de Steh, Jace, Temponok, Cannibal Letters…
Fred Vedel : Toutes ! J’ai été agréablement surpris par le nombre de skates « sculptés », celui de Seth qui rappelle le mur de Grenoble, celui de Dino… , et ravi par la présence d’artistes comme Jace, AlexOne… qui n’avaient pas pu participer les années précédentes en raison de leur agenda chargé. Cette année, le line up était composé d’artistes historiques – que l’on invite quoi qu’il arrive, ceux qui, dès le début, sont venus peindre au Secours Pop et ont soutenu l’association, de chouettes personnes avec lesquels nous avons plaisir à travailler – et de nouveaux venus. Le renouvellement a ainsi été important, entre les propositions d’Urban Signature et celles de Seth, des artistes que je ne connais pas pour de belles découvertes !

Serez-vous là pour la prochaine édition ?
Fred Vedel :
L’envie est toujours là, le Secours Pop ayant malheureusement toujours besoin de lever des fonds ! Je n’ai aucun doute sur le fait qu’Arnaud Oliveux, agnès b., Urban Signature continuent également l’aventure. Donc nous serons là… et Seth refera une board, même s’il ne le sait pas encore [rire].

Souhaitez-vous ajouter quelque chose ?
EZK :
Merci aux collectionneurs pour l’argent récolté !
Fred Vedel : Remercier le Secours Pop qui agit au quotidien auprès des populations qui en ont besoin, mais aussi tous les maillons de cette chaîne de solidarité : sans les bénévoles, il n’y aurait pas d’action sur le terrain ; sans les artistes, il n’y aurait pas de production culturelle ; sans les partenaires et les collectionneurs, il n’y aurait pas de ventes aux enchères donc de fonds récoltés… Nous leur sommes reconnaissants d’avoir joué le jeu pour transformer notre petite idée en événement solidaire.
EZK : Hélas, la solidarité est un secteur qui ne connaîtra jamais la crise ! Au fur et à mesure que l’État se désengage, les associations comme le Secours Pop doivent faire toujours plus !

Seth, parrain de la 4ème édition

En quoi es-tu particulièrement concerné par l’engagement du Secours Populaire ?
Les actions de solidarité et d’entraide du Secours Pop me touchent énormément. Surtout aujourd’hui, dans une période un peu compliquée, il me semble important de soutenir ce type d’association. Je suis un peintre voyageur qui peint des gens de pays différents et aux histoires différentes. Il y a donc une certaine cohérence entre les valeurs du Secours Pop et mon travail, centré sur l’enfance et les cultures locales à travers le monde, avec toujours une dimension sociale et politique.

Pourquoi avoir accepté d’être parrain de cette édition ?
Par amitié pour Fred, mais aussi pour Elliot et Warren d’Urban Signature d’une part, et pour accompagner une nouvelle fois le Secours Pop d’autre part. J’ai en effet passé un très bon moment lorsque j’ai peint trois murs de leurs locaux du XVIIIe arrondissement. Être le parrain de cette 4ème édition était un honneur.

Quel a été ton rôle ?
D’abord de créer le visuel de cette édition, que l’on retrouve sur tous les supports de communication. J’ai d’ailleurs été très touché par les affiches annonçant l’événement où le personnage que j’ai créé pour cette édition se retrouve aux côtés du logo du Secours Populaire, réalisé par Pierre Bernard, mon professeur aux Arts Déco, qui a signé, entre autres, l’identité du Musée du Louvre, celle des Parcs nationaux de France… J’ai également invité des artistes que l’on n’a pas l’habitude de voir dans ce type d’événement, notamment Ioye, Poch, Brez 72, Bims, Dino Voodoo, Popay… Des amis ; j’ai peint avec certains d’entre eux il y a 25 ans !

A-t-il été difficile de les convaincre ?
Non ! Participer à un événement solidaire les a d’emblée convaincus, tout comme peindre sur une board, un support différent d’un mur ou d’une toile.

Es-tu un ambassadeur comblé ?
Oui, d’abord par l’engagement des artistes et la qualité des œuvres ! Je ne m’attendais pas à voir d’aussi belles pièces. La diversité dans les rendus, les styles… représente bien ce qui se fait aujourd’hui en Art Urbain, notamment en France. Ensuite par l’organisation, très réussie grâce aux acteurs, aux bénévoles et aux partenaires. Enfin, par la somme récoltée lors de la vente aux enchères qui va permettre de soutenir les actions du Secours Populaire, notamment des initiatives en faveur des enfants et des personnes âgées.

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