Temponok : surge altius

Entre art et sport, cette fresque monumentale dialogue avec l’espace urbain du XIIIe arrondissement.

Dans le XIIIe arrondissement de Paris, un souffle artistique nouveau s’est posé sur les murs du centre sportif Auguste Blanqui, voisin de l’école Estienne [École supérieure des arts et industries graphiques] située juste à côté. Une fresque de 40 mètres de long sur 4 mètres de haut vient y prendre vie, signée par Temponok. Son nom ? Altus – « haut » en latin –, un clin d’œil à l’élévation, autant physique que symbolique. « Altus est un titre simple mais fort, qui parle aux sportifs comme aux artistes pour qui se surpasser est fondamental », souligne l’artiste. Une philosophie inscrite dans chaque coup de pinceau de cette fresque aux teintes soigneusement choisies pour s’harmoniser avec les couleurs du centre. « Cette harmonie chromatique répondait au cahier des charges : lilas et violet étant les teintes intérieures ; ocre et terre, celles des terrains de basket et de tennis extérieurs. Toutes les trois s’imposaient également par leur capacité à parler à tous ». Autre contrainte évidente pour Temponok : faire dialoguer l’œuvre avec le lieu. « La fresque devait résonner avec la vocation sportive du lieu. J’ai choisi trois disciplines représentatives du centre : le basket, le ping-pong et le karaté ».

Un travail en dialogue avec le lieu
Le défi technique était de taille ! « Les 14 fenêtres alignées ont imposé une vraie réflexion quant à la composition. J’ai donc joué avec ces ouvertures en créant trois zones principales, trois bulles détaillées où prennent place les trois disciplines sportives, reliées par des jeux de transparence et de couleur ». Entre préparation du support et réalisation sur site, grâce à une organisation millimétrée et une semaine de travail intensif, le résultat est fluide et vivant. Prenant place entre la fresque d’Invader et celle – toute récente – de JonOne, ce premier mur officiel de Temponok dans la capitale s’inscrit désormais avec panache dans le parcours d’Art Urbain du XIIIe « J’espère qu’il y en aura d’autres, encore plus monumentales… le XIIIe a encore de belles façades à offrir ! », se réjouit Temponok.
Nul doute que l’occasion se présentera prochainement pour l’artiste pour qui tout a commencé de façon inattendue. « Lors d’une soirée dédiée à la promotion de la Renault 5, j’ai eu l’occasion d’échanger avec Jérôme Coumet, le maire du XIIIe arrondissement, sur ses ambitions pour le quartier. En partageant mon envie de réaliser une fresque dans le XIIIe, sa collaboratrice Hajer Gamv, m’a orienté vers un appel à projet pour le centre sportif Auguste Blanqui. Pour la petite histoire, j’ai soumis deux propositions. Celle qui a été choisie respectait scrupuleusement le cahier des charges ; l’autre davantage de liberté créative. J’y explorais une approche plus abstraite, axée sur les textures, les lignes et un zoom sur la matière. Cette piste, plus audacieuse, aurait pu offrir une alternative intéressante, d’autant qu’elle dialoguait subtilement avec les lumières intérieures du lieu ». En redonnant souffle et couleur aux murs d’un lieu de vie sportive et collective, Temponok ne signe pas seulement une fresque ; il offre un repère visuel, une respiration poétique au cœur de la ville. Altus marque ainsi un tournant dans sa trajectoire artistique parisienne et s’inscrit avec justesse dans la dynamique urbaine et culturelle du XIIIe. Une œuvre manifeste, à la croisée de l’art et du quotidien, qui annonce d’autres envolées à venir sur les murs de la capitale.

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