URB+ Gallery veut briser les codes
Ces nouveaux venus veulent jeter un pavé dans la mare… ou plutôt une brique, et même plusieurs, à l’image de son produit fil rouge, original et disruptif.
Comment se faire une place dans un marché de l’Art Urbain complexe ? Slim Dlimi et Yassine Hmitti, cofondateurs de URB Gallery, sont convaincus que la clé réside dans la différence. Leurs parcours professionnels et personnels expliquent sans doute l’originalité de leur démarche. Le premier est un entrepreneur qui, après avoir cédé sa société de contractant général en architecture, souhaitait revenir à l’art, sa première passion – il a fait les Beaux-Arts de Tunis avant d’étudier le design et l’architecture à la Sorbonne. Le second, directeur financier, est un collectionneur d’Art Urbain bien connu de la scène parisienne. De leur rencontre – Yassine a acheté à Slim des timbres Invader – et de leur passion commune est né un acteur qui a fait une entrée remarquée avec un impressionnant group show en mai dernier.
URB Gallery se présente comme une galerie « hybride ». Pouvez-vous expliquer ce que cela recouvre ?
La première idée est de concilier une présence en ligne, un espace physique à Paris, avec pour objectif d’offrir un espace culturel dynamique et accessible aux passionnés d’art, et des expositions événementielles dans différents lieux, pour proposer des expériences immersives. Deuxième point, si notre ligne éditoriale est fortement marquée par l’Art Urbain, nous souhaitons être ouverts à l’art contemporain sous toutes ses formes, même les plus novatrices comme la création numérique. C’est le sens du « + » dans notre logo, « Art Urbain et plus ». Enfin, nous allons présenter des œuvres originales, des éditions limitées et des objets de collection.
Avec l’exposition « Breaking Ground », vous avez voulu frapper fort…
Nous n’avions pas encore de lieu et nous voulions créer un événement pour le lancement du projet. L’idée était de présenter une exposition collective d’envergure. Nous avons loué une galerie de 175 m2 dans le Sentier et nous avons réuni une quarantaine d’artistes, avec des œuvres pour la plupart créées spécialement pour l’occasion, des français – Ardif, Jo Di Bona, Bebar, Franck Noto, Falco, Kaldea… – et des internationaux – Satr (Chine), Tremos (Pérou), Ruben Carasco (Mexique), Enzo Prina (États-Unis)… – avec une grande diversité de styles, du contemporain, du digital… Le reflet de notre ligne et de nos coups de cœur, certains artistes que l’on connaît bien, d’autres moins mais que l’on souhaite mettre en lumière parce que nous pensons qu’ils ont un très gros potentiel.
L’occasion également de présenter un projet original, URBrick…
Nous voulions avoir un fil rouge, qui soit un peu la signature de la galerie. Nous avons imaginé un support original, une brique en béton, que les artistes peuvent customiser. La brique s’est imposée, à la fois comme référence aux murs de l’Art Urbain, mais aussi au ready-made et aux Dadaïstes. L’idée était d’avoir un « anti-toy », un objet brut qui se transforme en œuvre d’art et permet à chaque artiste de s’exprimer. Pour que ce soit un véritable support, adapté à toutes les techniques – nous l’avons testé avec la peinture, mais aussi le collage, le pastel, le fusain…. –, nous avons travaillé sa conception avec un designer de Toulouse, François-Charles Genolini, qui a fait un travail remarquable. Et elle est fabriquée en France. Enfin, dans le socle, nous avons intégré une puce NFC [sans contact, NDLR] qui contient le certificat d’authenticité, le descriptif de l’œuvre, la biographie de l’artiste, mais aussi des informations et des vidéos qui pourront être mises à jour. Le challenge est qu’un maximum d’artistes s’approprient ce support. La majorité de ceux qui ont vu ou essayé adorent ; il y a un véritable engagement. Nous allons ainsi continuer à sortir de nouvelles briques, tous les deux ou trois mois. Nous ne cherchons pas à faire un coup, mais à nous imposer dans la continuité.
Quels sont vos projets ?
Nous allons organiser régulièrement des expositions individuelles (probablement trois solo shows par an) et collectives, dans les lieux adaptés pour chaque situation, par exemple pour permettre aux artistes de proposer des installations. Au-delà de l’accrochage, nous souhaitons raconter une histoire et que chaque événement soit une véritable immersion dans l’univers des artistes. En tant que collectionneurs, nous avons vu beaucoup trop d’expositions où il n’y avait « que » des tableaux sur les murs. Cela ne nous parlait pas. Pour notre galerie permanente, nous souhaitons surtout en faire un lieu d’échange. C’est pourquoi nous avons choisi de nous installer dans le XVIe arrondissement de Paris, un quartier où il n’y a pas beaucoup d’art et encore moins d’Art Urbain. D’ailleurs, nous adorerions y faire des murs !
Adresse
URB+ Gallery
55 avenue Marceau 75016 Paris
urbgallery.com
Instagram : @urb.gallery
