Question d’étiquette…

Ranger les pratiques artistiques dans des cases est toujours un peu paradoxal, à la fois nécessaire et réducteur. Nécessaire pour bâtir une identité collective, marquer une différence et, indispensable à notre époque, communiquer. Réducteur parce que cela enferme. L’Art Urbain est aujourd’hui confronté à ce dilemme. Il a ses stars, ses galeries, ses ventes aux enchères, ses collectionneurs (mais pas encore ses musées)… et même ses débats internes : vandale ou licite, gratuit ou commercial, authentique ou dévoyé… Certains artistes se sentent pourtant un peu freinés par cette étiquette, en termes de reconnaissance institutionnelle et de valorisation financière.

Faut-il pour autant souhaiter que l’Art Urbain se fonde dans l’art « contemporain » ? Pourquoi pas… à condition qu’il n’y perde pas son âme… Cette volonté de rendre l’art accessible au plus grand nombre, cette acceptation de l’éphémère des œuvres de rue, ce goût du défi et du spectaculaire, ce sens du collectif, du partage et de l’échange entre artistes, naturel chez les musiciens mais bien moins chez les peintres… fait toute la force, toute l’authenticité, toute la beauté… de l’Art Urbain. Il y a aussi, et même surtout, cet ancrage dans la culture populaire au bon sens du terme, cette volonté de ne pas exclure par un pseudo-élitisme intellectuel mais, au contraire, d’inclure le plus grand nombre. « Si je devais faire un cadeau à la génération suivante, je lui apprendrais à ne pas se prendre au sérieux », affirmait Charles M. Shulz, l’auteur des Peanuts. Et cette génération est celle des artistes urbains !

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