Quel chemin parcouru !

On l’oublie parfois, mais le Street Art, né dans les rues de New York dans les années 1970, fait partie de nos vies depuis près d’un demi-siècle ! Et si il entre, heureusement mais à petits pas, dans les musées, il n’a pour autant rien perdu de sa vitalité. Deux événements majeurs, l’installation de Futura 2000 au Palais de Tokyo et les trois expositions successives du collectif 9ème Concept chez Fluctuart, en font ainsi l’éclatante démonstration, sans oublier la reprise des festivals dans toute la France, dans un contexte toujours délicat. En septembre, on ne manquera donc pas Underground Effect à la Défense, Colors à Strasbourg ou encore la seconde partie du Street Art Fest de Grenoble.

Ainsi, l’Art Urbain s’est imposé comme un mouvement majeur du XXe et, désormais, du XXIe siècle, mouvement exceptionnel non seulement par sa permanence – les Impressionnistes, eux, n’ont durée qu’une dizaine d’années – mais aussi par sa dualité, avec une production à la fois dans l’espace public et dans l’intimité des ateliers, sur les murs des villes et sur la toile, toujours vandale et officiellement reconnue. Avec, aussi, un foisonnement de créativité collective qui n’étouffe pas les individualités, les échanges, les collaborations, les transmissions entre générations, une solidarité assez exceptionnelle dans un monde marqué par les rivalités. Autant de spécificités qui font que, si les artistes urbains sont, évidemment, des artistes à part entière, ils ne sont pas non plus des artistes tout à fait comme les autres, à l’image de Brusk, Katre, Fenx, Graffmatt… Et tout ce que nous pouvons leur souhaiter – et nous souhaiter –, c’est qu’ils nous accompagnent encore pour les cinquante prochaines années… ou plus.

Frédéric BENOIT
Directeur de la Rédaction
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